« Le voyage est plus important que la destination ! » Ferrid KHEDER

Interview réalisée le 23/01/2016. Propos recueillis par Serge CONESA (SC)

SC : Ferrid, tu es né dans le Tarn ? Dans quelle ville ?

 

FK : Je suis né dans le Tarn, à Graulhet.

 

 

 

SC : Tu es Franco-Tunisien. Mais je crois également que tu as des origines espagnoles. Peux-tu nous parler de ce métissage ?

 

FK : Je suis né français, ma mère étant elle même française et mon père était tunisien. Ma famille maternelle est cependant 100% espagnole et c'est d'ailleurs avec mes grands-parents maternels, nés espagnols, que j'ai grandi.

 

 

 

SC : Peux-tu nous raconter ton enfance dans le Tarn ?

 

FK : J'ai grandi à Carmaux, petite ville minière, et mes activités étaient surtout sportives. Je faisais du Judo, du handball, du rugby, et j'allais à la pêche avec mon grand père. Je consacrais toujours un peu de temps à mes études scolaires mais ce qui me passionnait était  le sport.

 

 

 

SC : Je crois qu'un de tes grands-pères travaillait à la mine à Carmaux ? Que peux-tu nous dire de ton milieu familial et social ?  

 

FK : J'ai grandi dans un milieu ouvrier, au sein d'une famille qui aimait mettre en avant les valeurs humaines et croyait et croit toujours  que le travail,  la justice et la simplicité sont les choses essentielles de notre vie. Mon enfance dans ce milieu a influencé toute mon existence, tous mes choix durant mon parcours.

 

 

 

SC : Où as-tu commencé le judo ? Dans quel club ? Comment s'appelait ton premier Professeur ?

 

FK : J'ai commencé le Judo  au Judo Club d'arts martiaux Carmausin en 1979/80  avec Mr Garbajo. J'avais 4 ans et demi.

 

 

 

SC : Ensuite, il y a eu, je crois le Fuji-Kaï. Peux-tu nous dire ce qui t'a marqué de cette période ?

 

FK : J'ai intégré le Fuji Kaï quand j'ai été minime. Jacques Galaup était le professeur de plusieurs sections de l'entente, à Carmaux, à Albi et à Gaillac. C'est dans ce club qui m'a permis de m'entrainer tous les jours avec beaucoup de jeunes de mon âge que mon parcours de compétiteur a commencé. J'ai été champion de France minime et cadet dans ce club avant d'intégrer l'US Orléans et le sport-études de la même ville à l'âge de 18 ans puis l'INSEP et l'équipe de France l'année suivante

 

 

 

SC : Quand et comment quittes-tu le Tarn pour monter vers la capitale ? D'abord Orléans ?

 

FK : Je n'avais plus assez  de partenaires de mon niveau, j'ai donc décidé d'intégrer le sports-études d'Orléans en septembre 1993. Six mois plus tard je devenais champion de France Junior et était parmi les meilleurs français. J'ai donc logiquement rejoint l'équipe de France à l'INSEP en septembre 1994.

 

 

 

SC : Quand intègres-tu l'INSEP et quand connais-tu tes premières sélections en équipe de France ?

 

FK : En novembre 1993, j'ai commencé à m'entrainer une ou deux fois par semaine à l'Insep. J'ai intégré cet institut sportif en 1994 et dès l'année suivante, je décrochais les titres de champion d'Europe junior et champion d'Europe par équipe sénior. J'étais remplaçant de Christophe Gagliano, médaillé olympique à Atlanta, en 1996. J'ai donc toujours réussi assez vite à faire partie des meilleurs de chaque catégorie d'âge.

 

SC : Comment, en tant que jeune provincial d'un milieu modeste, as-tu vécu ton arrivée dans une grande ville comme Orléans ? Paris ? L'INSEP ? Comment as-tu été encadré ? Aidé ?

 

FK : L'adaptation a été rapide. J'avais déjà visualisé mon avenir. Tout ce que je réalisais, je l'avais déjà rêvé. Je ne faisais que vivre ce dont j'avais rêvé depuis gamin. Au début de mon parcours, c'est ma famille qui m'a soutenu et m'a offert la possibilité de faire de ma vie ce dont j'avais toujours voulu. Ensuite, grâce à mes résultats, les clubs, le ministère des sports, le Comité Olympique, le ministère des finances dont j'étais employé mon permis de continuer mon parcours. J'ai été aussi encadré sportivement, plus ou moins bien, durant toute ma carrière.

 

 

 

SC : Quelles sont tes victoires ou tes combats les plus marquants ?

 

FK : Mon titre de champion d'Europe junior, mes 2 victoires lors du Tournoi de Paris, ma sélection olympique restent les faits marquants de ma carrière de judoka.

 

 

 

SC : Quels sont tes meilleurs souvenirs de cette période ?

 

FK : Tout mon parcours, dans son ensemble, avec des hauts et des bas, reste mon meilleur souvenir. Ma carrière de judoka a été une merveilleuse aventure.

 

 

 

SC : Ensuite, tu as enchainé avec le MMA. Qu'est-ce que cette discipline t'a apporté de plus ou de différent que le judo de haut niveau ?

 

FK : Le MMA (Mixed Martial Arts) a été une suite logique. Cette discipline m'a permis d'apprendre d'autres dimensions du combat. J'ai pu découvrir le pied-poing, le Ju Jitsu Brésilien et  la lutte ; ça a été un grand bol d'oxygène de faire quelque chose de nouveau. Grâce à cette discipline, j'ai fait 10 ans de plus de compétitions puisque j'ai une quarantaine de combats professionnels.

 

 

 

SC : Pour conclure, peux-tu nous parler de ta vie actuelle ? Les states ? La famille ? La vie professionnelle ?

 

FK : Je vis à San Diego en Californie. Avant de m'installer ici, j'ai vécu à Los Angeles, Las Vegas, Guam. Je suis marié à Evelyn, une américaine, avec qui j'ai un petit garçon, Kingston , né en Octobre 2015.

 

 

 

SC : Juste un dernier mot. Quels seraient les conseils que tu prodiguerais à un jeune de par chez nous qui voudrait entreprendre une carrière sportive de haut niveau dans le judo ?

 

 

 

FK : Toute personne qui rêve de faire un parcours sportif international doit se donner les moyens d'y parvenir. Tout le monde peut réussir, il faut toutefois s'en donner les moyens. Bien sûr, nous ne réussissons pas tous à obtenir les résultats dont nous rêvions, mais comme j'aime le répéter, « le voyage est plus important que la destination ! »

 

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